DIEGO VELÁZQUEZ (1599-1660)

Portrait du prince Baltasar Carlos





VICTOR HUGO (1802-1885)


Les siècles sont au peuple



Les siècles sont au peuple ; eux, ils ont le moment,

Ils en usent. Ô lutte étrange ! Acharnement !


,


Chacun à grand bruit coupe une branche de l'arbre.

Là, des éclats d'airain, là, des éclats de marbre ;


,


La colonne romaine ainsi que l'arc français

Tombent. Que dirait-on de toi si tu faisais


,


Envoler ton lion de Saint-Marc, ô Venise !

L'histoire est balafrée et la gloire agonise.


,


Quoi qu'on puisse penser de la France d'hier,

De cette rude armée et de ce peuple fier,


,


Et de ce que ce siècle à son troisième lustre

Avait rêvé, tenté, voulu, c'était illustre.


,


Pourquoi l'effacement ? qu'a-t-on créé d'ailleurs

Pour les déshérités et pour les travailleurs ?


,


A-t-on fermé le bagne ? A-t-on ouvert l'école ?

On détruit Marengo, Lodi, Wagram, Arcole ;


,


A-t-on du moins fondé le droit universel ?

Le pauvre a-t-il le toit, le feu, le pain, le sel ?


,


A-t-on mis l'atelier, a-t-on mis la chaumière

Sous une immense loi de vie et de lumière ?


,


A-t-on déshonoré la guerre en renonçant

À l'effusion folle et sinistre du sang ?


,


A-t-on refait le code à l'image du juste ?

A-t-on bâti l'autel de la clémence auguste ?


,


A-t-on édifié le temple où la clarté

Se condense en raison et devient liberté ?


,


A-t-on doté l'enfant et délivré la femme ?

A-t-on planté dans l'homme, au plus profond de l'âme,


,


L'arbre du vrai, croissant de l'erreur qui décroît ?

Offre-t-on au progrès, toujours trop à l'étroit,


,


Quelque élargissement d'horizon et de route ?

Non ; des ruines ; rien. Soit. Quant à moi, je doute


,


Qu'on soit quitte pour dire au peuple murmurant :

Ce qu'on fait est petit, mais ce qu'on brise est grand.




,



music

SERGEI SERGEYEVICH PROKOFIEV (1891-1953)


Titre du morceau

Concerto pour piano n°3 en do majeur, op. 26



Concerto pour piano n°3 en do majeur, Op. 26 - Mouvement III (Allegro ma non tanto).